Bref historique(*)

photo nymphe à Cap d'Ardits

L’occupation gallo-romaine est attestée par les divers vestiges mis à jour dans les quartiers de Gariscan,
Floran, Sainte Radegonde, Cap d’Ardits. On aperçoit ci contre une nymphe sculptée dans la pierre, encore visible à Cap -D’ardits, au-dessus de la clef de voûte de la porte, d’une maison dénommée « Régagnon ». Il faut dire que la plupart des maisons avaient un surnom (souvent sobriquet correspondant au lieu-dit de la carte de Cassini). Ainsi les anciens se reconnaîtront lorsque l’on évoque « Baouduc », « Charicat », »Coulaou », »Gardawé », « Horgue », « Martrat », « Poutchoure » …etc.
Cette nymphe pourrait provenir d’un sarcophage gallo-romain.

porte d'entrée Sainte-Radegonde

Sur la porte d’entrée de la chapelle de Sainte Radegonde, on aperçoit une gravure dans la pierre de réemploi d’une
urne cinéraire gallo romaine. Elle doit dater des IIème ou IIIème siècles après Jésus Christ. Il est en effet assez difficile dans notre région, comme ailleurs, en France, de retrouver des stèles plus anciennnes; cet état de fait s’explique par des périodes très troublées et des sociétés assez pauvres.
A la fin de la République (1er siècle avant J.C.), le rite le plus pratiqué dans tout l’empire Romain est l’incinération, «crémation». Après les cérémonies préliminaires de l’adieu, de la toilette, de l’exposition et du cortège funèbre, le mort est placé sur un bûcher « rogus ». Les restes sont déposés dans une urne cinéraire.

chateau de Latoue

Un premier village se développe autour de la chapelle Sainte-Radegonde.
L’habitat se déplace ensuite dans le vallon de la Noue, près du château construit par Bernard 1er de Latour dans
la première moitié du XIIe siècle.
Le village s’appelle « Latour » dans les actes officiels français de l’Ancien Régime, puis Latoue à la Restauration. Ce nom est unique en France , alors qu’il existe plusieurs communes portant le nom de Latour.
On aperçoit ci contre le château De Latour réalisé en pierre rose de la carrière de La Goute, le donjon aurait été édifié à l’époque de la croisade contre les Albigeois.
Suivant l’évolution normale des châteaux forts, il est agrandi par une tour octogonale. La nouvelle construction permet d’accroître le confort intérieur et de renforcer le système défensif. Au XVe siècle, le château est délaissé par les seigneurs de Latour qui préfèrent s’installer à Liéoux.
Il subit les ravages d’un incendie vers 1500, et sa salle basse voûtée est transformée en prison. Le bâtiment est ensuite restauré par Simon de Latour qui a fait bâtir vers 1581 une trompe d’angle supportant une tourelle, d’où l’on aperçoit deux mâchicoulis permettant de défendre la porte d’entrée.

ancienne tour de Latoue

A proximité se trouvait une ancienne tour à péage, démolie en 1972.
Édifiée au XIIIe siècle, elle occupe alors un emplacement stratégique, au carrefour de deux routes très fréquentées rejoignant Saint Bertrand-de-Comminges, Saint Gaudens et Aurignac d’une part, Saint-Marcet, Bonnefont, Saint-Martory et Lestelle d’autre part.
Outre son rôle d’octroi, la construction permet de surveiller les allées et venues et joue un rôle défensif. Au XVIe siècle, elle perd sa raison d’être. Elle est convertie en prison. Ci contre une photo scannée sur une ancienne revue du Comminges appartenant à Monsieur De Latour qui a fait un travail remarquable pour pour faire restaurer et classer le château aux monuments historiques (façades et toitures, 25 juillet 1979). Il a par ailleurs effectué de nombreuses recherches dans les domaines de l’archéologie et de l’histoire locale.
(*) Ce chapitre s’est largement inspiré de l’ouvrage: « Le Patrimoine des communes de la Haute Garonne » Editions Flohic
Toutes les « Revues du Comminges » sont accessibles par internet et peuvent aussi être consultées à la bibliothèque de la S.E.C. (à Saint Gaudens)

Ancienne exploitation pétrolière

vanne gaz

Ci contre on aperçoit une vanne de gaz encore visible à Aulon.
Le 20 Janvier 1939, la Compagnie de Recherches des Pétroles du Midi (CRPM) entreprend un forage au lieu-dit Pinat
sur la commune de Latoue, au sein de l’anticlinal de Saint-Marcet. Le 23 Mai 1939, une « venue de gaz » est constatée avec un débit de 100 litres par minutes. Le 5 Juin, un début d’éruption se produit sous une pression de 59 kg/cm2, à une profondeur de 1531 mètres. Les 13, 14 et 15 Juillet 1939, des essais de production donnent des débits de 180 000 m3 de gaz par jour, sous une pression de 100 kg par cm2. Le gisement de Saint-Marcet vient d’être découvert!
L’exploitation est confiée à la régie autonome des pétroles (RAP). Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le personnel composé d’Alsaciens venus de Pechelbron joue un rôle déterminant dans la Résistance. Par la suite l’exploitation s’intensifie, et plusieurs unités de dégazolinage sont créées sur les communes voisines. Latoue concentre les bureaux et les garages. Une école professionnelle privée est construite, ainsi que des logements pour le personnel dans le quartier du Pinat qui devient ainsi une petite cité très active. Mais la découverte du gaz de Lacq en 1949 va assurer progressivement la relève du gisement de Saint-Marcet, ce dernier enregistrant durant les évènements de Suez en 1956 sa production maximale. A partir de cette date, la production va s’essouffler, pour finir par s’arrêter définitivement. Les traces des friches industrielles de l’exploitation gazière du milieu du siècle dernier, disséminées de manière ponctuelle sur les communes d’Aulon, Latoue et Saint-Marcet ont pratiquement disparu. Abandonné pendant une dizaine d’années le quartier du Pinat a retrouvé un certain essor.